Alexandrie ottomane et moderne
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L’eau à Alexandrie : aménagements, enjeux, gestion et usages (2008)

Réncontre, les 18 et 19 avril 2008, salle Massignon, Centre culturel français, Alexandrie

Cette rencontre s’inscrit dans les activités d’une ACI (Action concertée incitative) initiée en 2005 et portant sur les « Politiques de l’eau à Alexandrie et dans sa chora de l’époque hellénistique à l’époque ottomane » d’une part, des activités des programmes de recherche « Alexandrie ottomane » et « Alexandrie khédiviale » d’autre part. Ce programme est mené en association par le CEAlex (Centre d’Etudes alexandrines), l’IREMAM, la Société égyptienne des Etudes historiques et l’IFAO. Elle se déroulera les 18 et 19 avril prochains dans la salle Massignon du Centre culturel français d’Alexandrie.

Argumentaire

Alexandrie n’a pu se développer comme ville et comme port d’importance que grâce à la présence de ressources conséquentes en eau. Cependant, contrairement à la plupart des villes de l’Egypte, elle se trouve nettement à l’écart de la vallée du Nil. Afin d’assurer son ravitaillement en eau, il a donc fallu mettre en place d’importantes infra structures, afin d’en assurer l’approvisionnement, le stockage et la redistribution. Pour l’essentiel, l’eau provenait du Nil, car celle des puits était le plus souvent saumâtre et par conséquent impropre à de nombreux usages. Quant aux pluies, elles sont trop peu importantes et trop irrégulières pour avoir pu constituer un apport important, d’autant plus que les techniques indispensables pour en tirer partie ne semblent guère avoir été maîtrisées à Alexandrie à l’époque ottomane.
A l’arrivée des troupes de Selim en Egypte, le canal connu sous le nom de Khalîdj Nâsirî amenait l’eau douce vers la ville lors des la crue annuelle du Nil. Elle était ensuite stockée dans un grand nombre de citernes, avant d’être redistribuée et de servir à couvrir les divers besoins. Elle servait d’abord à la population comme boisson, pour l’hygiène corporelle ou les besoins cultuels. Mais elle était évidemment aussi utilisée dans les diverses activités domestiques, artisanales, horticoles et autres. La gestion et l’entretien des aménagements tant publics que privés relatifs à l’eau représentaient une lourde charge. Diverses institutions, dont certaines d’ordre caritatif, intervenaient dans ce domaine. A noter qu’une partie de cette charge, l’entretien du canal et le remplissage des citernes notamment, étaient assurés par la province voisine de Buhayra, ce qui contribuait indéniablement au resserrement des liens entre la ville et son arrière pays immédiat.
Le déplacement progressif de la ville de son site ancien intra muros vers la presqu’île, puis la croissance très rapide sous Mohamed Ali, nécessitèrent d’importants réaménagements. Ils ont d’ailleurs été menés tout au long de la période qui nous intéresse. L’approvisionnement, le stockage et la distribution d’une eau de qualité nécessitaient le recours à des techniques éprouvées que maîtrisaient des hommes exerçant souvent des métiers très spécialisés.
L’eau avait par ailleurs une forte valeur symbolique dans la société alexandrine ottomane. L’arrivée de la crue par le canal donnait lieu à d’importantes festivités. Certains notables confortaient leur position sociale et gravaient leur nom dans la mémoire collective en faisant édifier des sabils dans des endroits particulièrement marquants de l’espace urbain. L’eau, enjeu essentiel dans la vie urbaine, était aussi source de multiples conflits réglés sans doute selon des modalités variées.

Liste des participants et thèmes de recherche

Husâm ‘Abd al-Mu’ti (MCF, Université du Caire/Beni Souef) et Nâsira ‘Abd al-Mutadjalli (doctorante, Université de Mansura) : « Le khalidj al-nâsiri : digues de protection du canal et crises dans l’approvisionnement de la ville en eau ».

Michel Tuchscherer (PR, Université de Provence) : « Jardins et eau dans la ville intra-muros (XVIe-début XIXe siècle) ».

Jean-Luc Arnaud (chercheur, Telemme, Aix-en-Provence) : « Sources graphiques pour l’histoire de l’approvisionnement en eau d’Alexandrie ».

Valentine Durand (doctorante, Université de Provence) : « Puits et citernes dans le quartier de la Gazîra khadra ou péninsule, du XVIe au XVIIIe siècle ».

Nassir Ibrâhim (MCF, Université du Caire) et Nâsir ’Abd Allah ’Uthmân (doctorant, U. al-Azhar) : « Citernes et stockage de l’eau à Alexandrie XVIe- XVIIIe siècle ».

Sameh Id (chercheur CEDEJ) : « Les équipements en eau dans le quartier al-Maghâriba à la fin du XVIe siècle, à partir du document de waqf de Muhammad ‘Atiya al-Masmûdi ».

Muhammad Sabri (MCF Université de Hulwân) : « Sabils, édifices religieux et eau à Alexandrie à l’époque ottomane ».

Rizq Hasan (doctorant, Université de Hulwân) : « Voiturage de l’eau à Alexandrie du temps de Mohamed Ali »

Sayyid Shimâ’ Sayyid (doctorant, Université du Caire) : « Porteurs d’eau à Alexandrie du temps de Mohamed Ali »

Sayyid ‘Ashmâwî (PR, Université du Caire) : « Eau de consommation et eaux usées du temps d’Ornato entre 1830 et 1850 ».

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